14.08.2007

Aïe ! Mal aux jambes ! Mal partout !

Voilà une plainte souvent entendue après une séance d’entraînement difficile, une compétition ou la pratique inhabituelle d’une activité. Perso, j’ai pratiquement systématiquement mal aux jambes après une séance vélo. Pourquoi ? Mais pourquoi tant d’injustice ? Sont-ce des courbatures ou autre chose : crampes, contractures… ? Finalement, le sportif d’endurance a assez peu de lésions musculaires aigues (du type élongations ou déchirures). Si les douleurs musculaires interviennent à distance de l’effort et sont supportables (quoique désagréables, il faut en convenir), ce sont probablement des courbatures. Celles-ci sont dues à un effort plus intense qu’habituellement ou à l’utilisation d’un groupe musculaire différent si l’on pratique un sport occasionnel. Par exemple, après un ou 2 jours de ski alpin (que nous, pauvres Nordistes que nous sommes, ne pratiquons qu'une semaine par an), qui n’a pas eu mal aux quadriceps ? Après le VTT, on peut aussi avoir mal au bras et au dos. Le marathonien peut aussi souffrir des ischio-jambiers après une séance de course rapide. Plus rigolo, après mon premier semi marathon, je me souviens avoir eu mal aux abdos probablement en raison de la multiplication de l’effort de respiration (expiration, inspiration).

Toutes ces douleurs (quand c'est comme cela, je hais les escaliers !) sont le résultat de microlésions musculaires, de la déplétion musculaire (vidange du glycogène musculaire) et de l’accumulation de déchets intramusculaires dont le fameux acide lactique (lactates).

C’est grave docteur ?

Que nenni, mais il faut en tenir compte dans la poursuite du programme d’activité physique. Considérons que ces signes sont en réalité des signaux d’alerte envoyés par le muscle qui impose :

-          d’alléger l’entraînement sans toutefois le stopper. Continuer sur le même rythme risquerait de provoquer des lésions plus graves : contractures, élongations, déchirures… Malgré tout si les douleurs persistent au-delà de 4 ou 5 jours…une petite mise au repos s’impose voire une mise au repos complète en cas d’effort exceptionnel (ex. marathon, iron man, etc.) ;

-          de procéder à un effort léger dans les 24 à 48h qui suivent : footing léger, séance de piscine tranquille, sortie vélo en moulinant, etc.

-          ne pas avoir systématiquement recours à un médicament (antidouleur) et proscrire l’aspirine car hormis le dérouillage matinal, les douleurs sont supportables et disparaissent au bout du 4ème jour le plus souvent (avec un pic le 2ème jour)…plus on est vieux et plus les douleurs tendent à se décaler : on a mal moins le lendemain que le surlendemain ;

-          se plonger dans un bain chaud et procéder à des massages doux (hummm !). A ce sujet, quoique fréquemment effectué, le massage intense juste après course peut être pire que mieux car effectué sur un muscle fragilisé il peut augmenter le traumatisme.

Souvent les sportifs se réjouissent d’avoir mal, estimant ainsi qu’ils sont allés au-delà de leur niveau habituel. Parfois, la douleur est malheureusement le résultat d’un travail mal effectué. Alors, quand je fais une sortie vélo…si j’ai mal, c’est que je ne fais pas correctement travailler mes muscles. Je dois vraiment trop forcer… soit pour épater mes compagnons de course (estimés) moins forts que moi…soit (le plus souvent) pour essayer de suivre les plus forts que moi (dont mon fiston…le salaud, pas de pitié pour sa vieille mère !).