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22.02.2008
La place de l'habitant sportif dans les qurtiers
Je ne ferai offense à personne et ne rappellerai pas ici les 3 piliers du Développement Durable. Juste pour dire simplement que dans le volet social, il faut prendre en compte le bien-être individuel et collectif. Dans les approches évaluatives du Développement Durable, on commence d’ailleurs à parler de plus en plus des Indicateurs de Développement Humain, en particulier des « indicateurs du bien-être ».
Presque systématiquement, ces indicateurs prennent en considération les questions relatives à la santé. Or, la santé renvoie forcément à la pratique physique.
Les chiffres récents de l’OMS alertent sur l’augmentation exponentielle des personnes en surpoids et obèses. Ces situations d’excès pondéral sont une source de nombreux problèmes de santé : athérosclérose, pathologies cardiovasculaires, diabète, problèmes articulaires… Notre société est devenue sédentaire chronique. On commence juste à prendre la mesure de ce problème de santé publique, générateur de dépenses conséquentes pour la société (frais de soins). Emergent donc nombre d’opérations de sensibilisation à différents niveaux : national (ex. : les avertissements qui accompagnent les spots publicitaires télévisés consacrés aux produits alimentaires), ou au niveau des collectivités territoriales. Les communes en particulier trouvent une nouvelle fois la possibilité de « Penser global, agir local ».
Beaucoup de collectivités construisent et mettent en œuvre des politiques de développement sportif. Mais, quoique pouvant paraître très proches, les problématiques de promotion sportive souvent très axées sur le haut niveau ou la promotion d’un seul sport, et celle de développement de la pratique physique sont malgré tout différentes dans les objectifs et les moyens. Je ne m’étendrai pas sur la première pour aborder la seconde.
La pratique physique commence dès que l’on s’extrait de l’inactivité. On monte un escalier, on va chercher à pieds son pain à la boulangerie, on va chercher les enfants à l’école…on est déjà sorti de la sédentarité. Estimée à 30 minutes par jour, cette nécessaire activité physique trouve ses opportunités de développement dans le quotidien…donc forcément dans les possibilités que lui offre son cadre de vie.
Vous voyez où je veux en venir… la conception architecturale et urbaine des quartiers durables favorise-t-elle cette pratique physique libre ?
Assez intuitivement, on aurait tendance à répondre positivement si l’on sait que dans la ville durable l’écomobilité est souvent favorisée, que les espaces verts et ceinture verte sont prévus, que la morphologie économique et commerciale promeut le commerces de proximité, etc. Mais, comme toujours, il est possible de faire mieux !
Il est possible de faire mieux dans la possibilité de trouver des itinéraires en boucle, hors circulation automobile, avec des revêtements non macadamisés (pour éviter les problèmes articulaires consécutifs à la marche ou course sur sols durs) – ces revêtements favorisant par ailleurs l’infiltration des eaux ce qui n’est pas le cas du macadam - avec un balisage régulier des distances pour mesurer ces sorties ou étalonner ses séances d’entraînement fractionné (petit plus très sympathiques pour mesurer sa progression).
Plus que des espaces, il faut des conceptions paysagères basées sur des linéaires, avec des zones vallonnées et boisées pour encourager la promenade, le fartlek (course à allure libre) et la respiration. En travaillant sur les linéaires, les connexions, et les réseaux, l’usage sportif est autant favorisé que la biodiversité (corridors biologiques) pour laquelle la continuité est essentielle. Là où passent les hommes, passent également la faune et la flore.
Il est également possible de prévoir des espaces ouverts, avec quelques aménagements a minima (but de foot, but de hand, but de rugby…) encourageant la partie entre copains… c’est toujours ça de gagné sur les temps de jeux électroniques qui anéantissent nos adolescents.
Tous ces aménagements intéressant nombre de coureurs, des groupes se créent favorisant la vie collective et l’inclusion sociale…c’est plus facile de courir en groupe. Il est également possible d’organiser des manifestations sportives (course sur route, trail, run and bike, challenges interquartiers…) ; elles-mêmes source d’animation dans la ville, de lien social.
Certains espaces peuvent intégrer des équipements spécifiques tels que les parcours santé ou les « play grounds » (city stades), ou autre mur d’escalade, base nautique, et parc de roller, dont les conceptions s’attacheront à n’utiliser que des écomatériaux (bois certifié, plastique recyclé…).
Des parcours vélo, intégrés à la ville, peuvent permettre de découvrir l’approche Développement Durable, sous forme de circuits d’interprétation et de découverte avec un moyen de déplacement à la fois durable et sportif.
Un stade ou une salle de sport trouvera une démultiplication de son usage avec des espaces alentours de qualité pour une pratique plein air complémentaire de la pratique in door, où de petits panneaux peuvent renseigner sur la bonne façon d’effectuer tel ou tel mouvement d’étirement.
Il ne faut pas non plus oublier de traiter les questions de l’accessibilité pour tous à ces équipements. Les personnes handicapées sont souvent oubliées, ou confrontées à des difficultés majeures. Avez-vous déjà essayé de passer à un sélectif d’entrée d’espace vert avec un fauteuil roulant électrique ? Seul, c’est impossible, j’ai testé.
La pratique physique exercée sur les espaces permet également de donner un usage régulier à ceux-ci minimisant les fréquentations indésirables et les phénomènes d’insécurité réels ou ressentie devant des lieux déserts.
Voilà en quelques mots pourquoi cette approche me semble intéressante à appréhender dans le cadre plus large d’un questionnement relatif à la place de l’habitant dans les projets urbains. D’autant que la recherche d’un pratique plein air et d’une pratique libre est une tendance qui va grandissante dans notre société moderne. Il faut s’y préparer et l’encourager.
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