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05.09.2007

Le sale air de la peur

Recevant dernièrement le bulletin d’information sur la qualité de l’air en Nord – Pas de Calais, je me disais que cette année, la période estivale devait être exempte de déclenchement d’alerte tant les jours de soleil chauds et sans vent avaient été rares. Et c’est tant mieux sachant que dans les cas de dépassements des seuils d’alerte, l’activité physique extérieure et intense est déconseillée…or, c’est justement notre passion.

Que risquons-nous ?

Tout d’abord, l’activité physique provoque une augmentation du flux respiratoire pour aller puiser l’oxygène nécessaire au fonctionnement musculaire. Donc, en clair, on s’en prend plus dans les niflettes que le sédentaire qui reste devant la TV.

Quels polluants et quels effets ?

Bien entendu, on ne peut en attendre que du mauvais. Que ce soit des gaz (dioxyde d’azote ou de soufre, ozone…) ou des particules (poussières…), ces polluants atmosphériques provoquent à court terme : irritations (yeux, nez, gorge), gênes respiratoires (toux, essoufflement…) pouvant aller jusqu’à la crise d’asthme, et allergies. A long terme, bien que mal connus, les effets sur la mortalité sont avérés (augmentation des taux de cancer et de déficients respiratoires, comme les bronchites chroniques, dans les villes). Selon l’OMS, 3 millions de personnes meurent chaque année dans le monde (chiffre moyen qui pourrait atteindre 6 millions d’individus).

Pour le sportif ?

Chez les enfants, le risque est plus important que chez les adultes sportifs ; surtout pour les plus jeunes car l'appareil respiratoire d'un enfant se développe jusqu'à 6 ans. Avec les asthmatiques, ils forment une population particulièrement sensible à la pollution de l'air dans les villes. Selon le Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France, cette population doit éviter les efforts physiques intenses dès le franchissement des seuils d'information et de recommandation. Au seuil d'alerte, toute la population est concernée et devrait suivre certaines les consignes.

Quelles précautions prendre ?

Il faut déjà savoir que les « autorités » ont édicté 3 niveaux de référence du risque : seuil d’information, dépassement du seuil d’information, dépassement du seuil d’alerte.

Dans la majorité des cas, nous sommes en dessous le seuil d’information et pouvons avoir une activité physique normale.

En cas de dépassement de ce seuil d’information, il est conseillé :

-          pour les enfants de moins de 6 ans (crèches, écoles maternelles) : ne pas modifier les déplacements habituels et laisser les enfants s’aérer et ne pas modifier les activités prévues (récréations, promenades…) sauf pour les sujets connus comme étant sensibles, pour eux, éviter les exercices physiques intenses et privilégier les activités calmes ;

-          pour les enfants de 6 à 15 ans (écoles primaires, collèges, centres aérés), adolescents et adultes : idem que précédemment avec une recommandation de s’abstenir de compétitions sportives pour les sujets les plus sensibles ;

En cas de dépassement du seuil d’alerte :

-          pour les enfants de moins de 6 ans : ne pas modifier les déplacements indispensables mais éviter les promenades et activités extérieures ;

-          pour les enfants de 6 à 15 ans : ne pas modifier les déplacements habituels, récréation possible, mais éviter les activités extérieures dont activités sportives (éviter les sports extérieurs et privilégier les sports en salle et les activités physiques d’intensité moyenne ou faible ; c’est-à-dire les activités physiques qui n’obligent pas à ouvrir la bouche pour respirer). Reporter toutes compétitions sportives qu’elles soient prévues à l’intérieur comme à l’extérieur ;

-          pour les adolescents et les adultes : ne pas modifier les déplacements prévus mais éviter les activités sportives extérieures violentes et les exercices d’endurance (se reporter sur les sports en salle) et déplacer dans la mesure du possible les compétitions sportives extérieures.

En pratique ?

Avez-vous déjà vu une compétition sportive annulée pour cause de seuil d’alerte dépassé ? Personnellement, je n’en ai pas connaissance. Peut-être est-ce par méconnaissance des risques par les organisateurs autant que par les compétiteurs. Ou est-ce parce que le l’Etat considère que (je cite) « il incombe aux sportifs de haut niveau de juger de l’opportunité de leur participation à la compétition, en fonction de leur expérience et de l’avis de leur médecin ».

Et pourtant, pour notre agglomération, ajoutés aux pointes de pollution par les poussières de l’hiver, les pics d’ozone ont fait leur apparition au début du printemps (avril). Cette pollution a eu pour conséquence le déclenchement à plusieurs reprises du niveau d’information et de la procédure d’alerte (ozone mais aussi poussières en suspension).

Que faire ?

D’abord, adapter nos comportements. En effet, la grande majorité de la pollution atmosphérique provient du trafic routier et du chauffage. Pour diminuer cette pollution, il convient donc de restreindre nos déplacements automobiles (cas de l'ozone et du dioxyde d'azote) ou de diminuer la vitesse, de privilégier les véhicules les moins polluants (automobiles équipées d'un pot catalytique, fonctionnant au GPL, à l'électricité...) et de donner la priorité aux véhicules transportant plusieurs personnes (covoiturage).

Le suivi des pollutions atmosphériques est de plus en plus performant et les autorités informe les médias pour sensibiliser la population en cas d’alerte. En cas de doute (si conditions de fort ensoleillement, chaleur, faiblesse du vent) nous pouvons nous renseigner auprès de http://www.atmo-npdc.fr . Par exemple, aujourd’hui mercredi 5 septembre, l’indice est de 3 pour Lens comme pour le reste de la région donc c’est bon, vous pouvez bouger !

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